Interventions de M. le Président de la République

Dicours de M.le Président de la République lors de l'installation de la Commission pour la Nouvelle Télévision Publique

Palais de l'Élysée – Mardi 19 février 2008


Mesdames et Messieurs,
Bienvenue à tous.

Avec l'école, la télévision permet l'accès et la transmission la plus large de la culture et des valeurs de notre société. C'est ce que j'ai voulu dire, en proposant le mois dernier que l'on réfléchisse à la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public. L'école et la télévision sont les deux structures par lesquelles notre société se pense, se tisse et se construit. Et c'est à juste titre que les pionniers, les véritables créateurs de la télévision publique comme Claude SANTELLI se qualifiaient jadis de « nouveaux hussards noirs de la République ». Non que je veuille revenir aux temps anciens de la première télévision en noir et blanc, mais il y a du Jules FERRY dans cette histoire de la télévision publique… !

Car l'essentiel ce n'est ni la publicité, ni le financement, même si ces questions sont très importantes : ce ne sont que des moyens et non des finalités. Or ce n'est pas un débat exclusivement comptable dont il s'agit. Il s'agit d'une grande réforme ! La suppression de la publicité sur le service public n'est pas seulement un sujet financier, c'est une question de valeurs et une question de transmission.
Une question de création.
Une question d'éducation.
Une question d'«espérance démocratique», celle que doit constituer notre télévision publique.
Espérance d'une diversité, dans les programmes, dans les opinions, dans les talents, dans les modes d'expression.
Espérance dans la création française, la nouvelle comme la patrimoniale.
Espérance dans la vertu sociale de ce grand [...]
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Discours de M. le Président de la République sur l'école et la réforme de l'enseignement primaire, au Théâtre Odyssée à Périgueux en Dordogne

Périgueux – Vendredi 15 février 2008

Monsieur le ministre,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui dans cette belle salle du théâtre de Périgueux, au cœur d'une ville, chef-lieu d'un département rural, qui a tant investi dans la culture – j'en ai vu un exemple magnifique il y a quelques instants – et dans l'éducation ! Une ville, cher Xavier Darcos dont tu es le maire, qui démontre depuis des années qu'on n'a pas besoin de s'appeler Paris, Bordeaux ou Toulouse pour avoir des théâtres et des musées, des festivals et des concerts, et pour assurer à ses enfants la meilleure éducation qui soit.
C'est dans cette ville de Périgueux, dans ce cadre de vie si soigné, que je suis venu vous parler de l'école primaire et de ses transformations.
J'attendais ce moment depuis longtemps, car l'école primaire est un sujet fondamental pour l'éducation de nos enfants. Et je sais ne pas être le seul à être passionné par l'école primaire car il y a en vérité peu de sujets qui intéressent autant de monde. Dans nos écoles primaires il y a 7 millions d'enfants et près de 400 000 professeurs. Sans compter le reste des Français, qui tous sont passés par l'école primaire et ont donc un avis sur la question. Mon ami Xavier a l'habitude de dire qu'il y a en France 64 millions de spécialistes de l'école ! Je vais tâcher ce matin d'être à la hauteur [...]
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Discours de M. le Président de la République lors du dîner annuel du CRIF

Pavillon d'Armenonville - Mercredi 13 février 2008

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame et Monsieur les anciens Premier ministres,
Mesdames et Messieurs les ministres et anciens ministres,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Monsieur le Maire de Paris,
Monsieur l'ambassadeur d'Israël en France,
Madame la représentante de l'Autorité palestinienne,
Madame et Messieurs les représentants des différentes religions,

Chers amis,

Très souvent par le passé, je suis venu au dîner du CRIF. Je connais cette tradition. Je sais qu'elle est pour vous un moment de fête, un moment de retrouvailles. Je sais aussi que chaque année, de manière ouverte comme vous l'avez fait dans votre discours Monsieur le Président, ou plus discrètement dans le secret de vos cœurs et l'intimité de vos conversations, vous faites mémoire, avec ce dîner, des circonstances tragiques qui conduisirent, en 1943, les différentes composantes du judaïsme français à s'unir contre l'oppression nazie. De cette union clandestine est né plus tard le CRIF.



En invitant chaque année les plus hautes autorités de la Nation à partager votre dîner, en invitant en particulier le Premier ministre, et cette année, pour la première fois, le Président de la République, vous entendez renouveler votre attachement indéfectible à la République et à la France : cette France qui vous a émancipés, qui vous a donné des droits, qui vous a permis de pratiquer votre religion. Nous célébrerons ensemble cette année le bicentenaire de la création du Consistoire ; cette République qui vous a ensuite intégrés dans toutes les sphères de la société, sur le seul fondement de vos talents et de vos mérites ; cette République que vous avez servie avec la générosité, la confiance, et l'engagement qui sont l'âme des vrais patriotes ; cette République qui, en inventant la laïcité, vous permet d'être à la fois profondément juif et Français de tout cœur.

Mais en faisant s'asseoir chaque année aux mêmes tables les représentants des institutions juives de France et les représentants de la République, vous entendez aussi rappeler aux seconds les principes, les valeurs et les vertus dont la violation, par le passé, a fait vivre à notre pays ses pages les plus noires. A l'heure où s'abattaient en Europe les idéologies les plus criminelles, c'est un fait que l'Etat vous a trahis. Tournant le dos à ses principes essentiels, pas seulement ceux de 1905, mais aussi ceux de 1789, de l'abbé Grégoire et de l'Edit de Nantes, notre Nation s'est alors presque intégralement effondrée. Il est sain que vos invités rassemblés dans cette salle, dont certains exercent d'éminentes responsabilités, fassent mémoire de ces moments douloureux qui précipitèrent tant de familles dans l'abomination, et notre pays dans la honte. [...]
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Discours de M. le Président de la République devant la Chambre de Commerce et d'Industrie de Cayenne

Cayenne - Lundi 11 février 2008


Je suis heureux d'être, parmi vous, à la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Guyane, un an et demi après mon dernier déplacement officiel. Je sais l'état d'esprit dans lequel se trouvent beaucoup d'entre vous aujourd'hui. Vous, les représentants du monde économique de la Guyane, êtes amers de l'arbitrage qui a été rendu sur le projet d'exploitation d'une mine d'or à ROURA. Et je ne vous cacherai pas que certains, à Paris, m'ont conseillé d'annuler notre rencontre. C'est bien mal me connaître ! Je pense, qu'au contraire, cette rencontre est plus nécessaire que jamais !

Avant de vous parler de la loi de programme pour l'outre-mer, je souhaite donc que l'on s'explique, en toute franchise, sur cette question. J'assume pleinement ma décision et elle est définitive. Cette décision n'a, d'ailleurs, rien de politique et ceux qui voudraient y voir la victoire d'un camp politique contre un autre se trompent lourdement. La seule chose qui nous a animés, le gouvernement et moi-même, est notre conscience écologique. Cette conscience qui nous pousse à considérer les bases du développement durable avec une exigence nouvelle depuis le Grenelle de l'environnement.

Cela dit, croyez-le bien, cette décision n'a pas été facile à prendre. Et je considère, d'ailleurs, que le fait même d'avoir été mis en situation  de rendre un arbitrage dans ces conditions est un échec collectif qui ne doit plus se reproduire.

La décision n'a pas été facile à prendre car il ne s'agissait pas d'un dossier nouveau mais de l'aboutissement d'une longue procédure et que l'Etat a laissé la société concernée intervenir sans avoir réalisé une cartographie complète des richesses de la faune et de la flore en Guyane.

La décision n'a pas été facile à prendre car, malgré une longue instruction et deux rapports d'inspections générales, les exigences imposées au pétitionnaire ne garantissaient pas, de façon certaine, la protection de ce site de la montagne [...]
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Discours de M. le Président de la République sur les enjeux de l'équilibre environnemental et de la vie des populations en forêt équatoriale  

Camopi - Lundi 11 février 2008


Me voici, pour la troisième fois en moins de 2 ans, sur cette terre de Guyane, parmi vous. Si j'ai choisi de venir à votre rencontre pour mon premier déplacement en outre-mer en tant que chef de l'Etat, ce n'est pas par hasard.

La Guyane est le département d'outre-mer le plus en retard en matière de développement. Son image est souvent déformée, caricaturée. On présente ce territoire comme une « zone de non droit », le lieu de tous les dangers qui n'aurait qu'un rapport lointain avec la France. L'immigration clandestine et l'orpaillage illégal sont, trop souvent, les seuls sujets traités par les médias nationaux.

Je ne nie pas que la Guyane connaisse de grandes difficultés. Je vais même en parler de façon très précise au cours de mon séjour parmi vous. Je dis seulement que la Guyane, ce n'est pas que cela. Je veux aujourd'hui parler à la Guyane qui m'a fait confiance, il y a quelques mois. Je veux parler à tous les Guyanaises et Guyanais qui veulent que les choses changent, qui veulent un avenir meilleur pour leurs enfants.
Si je suis venu en priorité en Guyane, c'est aussi parce que cette terre si rude incarne, paradoxalement, parfaitement la diversité et la richesse de l'outre-mer français qui font l'identité de la France. Amérindiens dont les racines se trouvent aux origines de cette terre, Buschinengués, Créoles, Hmongs ou Métropolitains, vous êtes tous des enfants de la Guyane, des enfants de la France. Vos histoires, vos cultures et vos coutumes font aujourd'hui partie de l'identité nationale. Et si, parfois, cette diversité peut sembler bien « exotique » à des [...]
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Discours de M. le Président de la République au Centre Spatial Guyanais (CNES)  

Kourou – Lundi 11 Février 2008

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Commissaire européen, Cher Jacques Barrot,
Mesdames et Messieurs les représentants de l'Agence Spatiale Européenne (ESA), du CNES et de l'industrie spatiale européenne,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais commencer par vous remercier, pour un grand nombre d'entre vous, d'avoir traversé un océan et un tropique pour venir aujourd'hui au centre Jupiter. En mars 1964, le Général de Gaulle avait déjà fait le voyage de Guyane pour venir poser les bases de l'aventure spatiale française puis européenne. C'est ici, à Kourou, qu'il a choisi de fonder l'accès de la France à l'espace. C'était un acte politique, c'était l'affirmation de la vocation de la France à participer à une grande aventure humaine et l'affirmation de sa compétence industrielle et scientifique.

Grâce au travail constant des institutions fondées à cette époque, à commencer par le CNES, ce grand pari a réussi. Non seulement la France est un acteur déterminant de l'espace, mais l'Europe entière s'est unie progressivement autour de ce projet pour faire de l'accès à l'espace une exceptionnelle réussite collective.

Il y avait aussi dans les motivations d'origine de la conquête spatiale, pourquoi l'oublier, la volonté d'affirmer la suprématie d'une organisation économique et politique sur une autre. L'espace est encore aujourd'hui pour de nombreux pays une affaire de rang et de statut. La capacité autonome d'accès à l'espace est le signe d'une capacité à structurer des [...]
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Allocution de Monsieur le Président de la République après le vote de la loi autorisant la ratification du Traité de Lisbonne

Palais de l'Élysée - Dimanche 10 février 2008





Mes chers compatriotes,

Le Parlement vient de voter la loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne.

Ce traité simplifié, c'est la France qui a pris l'initiative de le proposer pour sortir l'Europe de la crise institutionnelle dans laquelle elle se trouvait plongée.

Pendant la campagne présidentielle, je m'étais engagé à tout faire pour convaincre nos partenaires de tourner la page de la Constitution européenne qui ne pouvait plus entrer en vigueur alors que deux pays, la France et les Pays-Bas, l'avaient rejetée par référendum et qu'il n'était pas question de demander au peuple français et au peuple néerlandais de se déjuger.

Dès lors que le projet de Constitution européenne se trouvait écarté, on ne pouvait en rester là.
Il fallait débloquer un système de décision qui ne correspondait plus aux exigences d'une Europe à 27 et qui la paralysait. Et il fallait en même temps faire en sorte que soit respecté le choix des peuples qui avaient accepté de ratifier la Constitution comme de ceux qui l'avaient refusée.

Un traité simplifié, ne conservant que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum était une solution qui permettait de dépasser les oppositions entre partisans et adversaires de la Constitution. [...]
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Discours de M. le Président de la République : une nouvelle politique pour les banlieues

Palais de l'Elysée - Vendredi 8 février 2008



Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d'avoir accepté mon invitation.

Si j'ai souhaité vous réunir aujourd'hui c'est parce que ce dont je veux parler ne peut pas s'accomplir par la seule volonté de l'Etat et par la seule action de l'administration.

Nous avons tous appris au moins une chose au cours de ces vingt dernières années, c'est qu'il ne suffisait pas de créer un Ministère de la Ville, ni de débloquer des crédits, ni de repeindre les immeubles pour que dans certains quartiers de plus en plus d'habitants ne se sentent pas laissés pour compte, abandonnés de tous, mis à l'écart de la République, de ses solidarités, de ses lois.

Vingt ans d'efforts de la part de tous les gouvernements, avec des moyens qui ont fini au bout du compte par être considérables, vingt ans de politique de la ville, vingt ans de travail de tant de femmes et d'hommes de bonne volonté, de tant de Ministres compétents, de tant de maires ayant chevillé au corps le souci du bien public, vingt ans de travail acharné de tant d'enseignants, de tant d'éducateurs, de travailleurs sociaux, de tant d'associations qui ont déployé tant de trésors d'intelligence et de générosité n'ont pas réussi à empêcher que les fractures se creusent, qu'une forme de désespérance s'installe et finisse par devenir une souffrance.
Car c'est toujours une souffrance de ne plus pouvoir espérer. C'est toujours une souffrance de se sentir dépossédé de son avenir, d'avoir peur pour l'avenir de ses enfants, peur du regard des autres, peur d'une société dans laquelle on se sent étranger, dont on se sent rejeté, dont on ne comprend pas les codes, dont personne ne vous a appris les règles.

Oui, nous le savons tous, il y a des quartiers en France où il est plus difficile que partout ailleurs de s'en sortir, de réussir, de réaliser ses ambitions, ses rêves.
Il y a des quartiers en France où la vie est plus dure qu'ailleurs parce que tous les handicaps, toutes les difficultés y sont concentrés, parce qu'il y a plus de pauvreté, plus de chômage, plus de violence, plus d'insécurité qu'ailleurs.
Il y a des quartiers en France où il y a tellement de handicaps, tellement de difficultés, tellement de précarité, tellement de violence, tellement de souffrance qu'ils se replient sur eux-mêmes, qu'ils ressentent tout ce qui leur est extérieur comme une menace.
Il y a des quartiers dans notre pays, dans notre démocratie, dans notre République où l'on a moins de droits, moins de chances que les autres.

Avec ce qui se passe dans ces quartiers, ce n'est pas seulement l'idée que nous nous faisons de la laïcité, c'est l'avenir de notre démocratie, c'est l'avenir d'une certaine idée de la République qui sont en jeu. C'est l'idée même de nation qui est en cause.
Le malaise ne vient pas seulement de l'urbanisme et de l'architecture, il n'est pas seulement économique ou social, il est plus profond, il est aussi identitaire, il est culturel, il est moral, bref il est humain et pas seulement matériel. [...]

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Hommage de M. le Président de la République au préfet Claude ERIGNAC  

Hôtel de Beauvau – Mercredi 6 février 2008

Il y a dix ans, le 6 février 1998, le Préfet Claude ERIGNAC tombait sous les balles, assassiné par des lâches qui s'en prenaient, en réalité, à la République.

Ces lâches ont arraché Claude ERIGNAC à sa famille, à ses amis et à la France. Ils n'ont pas réussi à faire mourir la République dans l'île.

Homme de culture, homme de conviction, homme de foi, Claude ERIGNAC s'inscrivait dans la tradition du dévouement aux autres, tout en s'appliquant à lui-même une morale et une discipline rigoureuses.

Comme son père, Claude ERIGNAC avait choisi le service de l'Etat, le respect de la loi, le souci et l'écoute des autres, la solidarité et le courage. Comme son père, il avait choisi le corps préfectoral, ce corps qui assure la continuité de l'Etat. Avec cette tradition ancrée en lui, il était devenu l'un des meilleurs défenseurs de ces valeurs républicaines et avait su, par le dialogue et la confiance, instaurer entre la population, les élus et l'Etat une autre relation et ce, dans tous les départements où il a eu l'honneur de servir.

En Corse, dont il était le préfet de la région, il avait mené une action inlassable pour soutenir l'économie locale, pour affirmer l'identité culturelle corse et pour lutter contre la violence. Il avait su nouer une relation particulière avec les Corses auxquels il vouait un profond attachement.

Il remplissait avec abnégation cette mission difficile dans un contexte de tensions et de violences d'une minorité contre la grande majorité des femmes et des hommes de l'île.

Au lendemain du 6 février 1998, la Corse et le continent se sont réveillés profondément choqués par ce drame. La population a dénoncé ce geste atroce, et a manifesté son dégoût pour la violence.

La République avait le devoir de poursuivre et de trouver les coupables de ce lâche assassinat et de les déférer à la justice.

Sur le fond, il ne m'appartient pas de me prononcer sur les responsabilités de ceux que la justice a condamnés, mais je veux affirmer que leurs  procès ont été conduits dans le respect absolu des droits de la défense et avec un grand sens de l'équité. C'est aussi l'honneur de la République que de garantir les droits de chacun, à commencer par ceux des victimes, mais aussi ceux des prévenus. [...]
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Intervention de M. le Président de la République à l'issue de la Deuxième réunion sur l'Agenda social avec les partenaires sociaux  

Palais de l'Elysée – Mercredi 6 février 2008



Mesdames et Messieurs,

Je voulais vous indiquer que nous avons réuni les partenaires sociaux, le Premier Ministre, les ministres concernés et moi-même, durant un peu plus de deux heures et demi pour évoquer les sujets essentiels qui seront ceux de l'année 2008 et, je le souhaite, du premier semestre 2008.
La question du financement des retraites, dans le cadre de la loi FILLON qui avait prévu une clause de rendez-vous, la question de la réforme de l'assurance-maladie avec notamment la question de l'hôpital, la question de la grande dépendance avec la création d'un cinquième risque pour faire face aux défis de la grande dépendance et notamment à la maladie d'Alzheimer, la question de la politique familiale : l'ensemble de ces sujets qui représentent des défis considérables pour la société française nécessite que des décisions soient prises avec méthode, selon un calendrier précis, dans le cadre d'une concertation avec les partenaires sociaux - qu'il s'agisse des représentants des salariés ou des représentants des employeurs.
La réunion s'est passée dans un climat très constructif. Je veux d'ailleurs saluer le sens de la responsabilité de l'ensemble de mes interlocuteurs que je reverrai. Je vais leur écrire pour préciser le calendrier et la méthode. J'ai demandé à chaque ministre – je pense notamment à Xavier BERTRAND et à Roselyne BACHELOT – de conduire maintenant la concertation avec leurs interlocuteurs. Et, en attendant, j'ai décidé en accord avec le gouvernement et le Premier Ministre, de tenir l'un de mes engagements phares de la campagne présidentielle, c'est-à-dire la revalorisation des petites retraites et donc, pour les 600 000 retraités qui ont des petites retraites, une prime de 200 Euros sera versée. Ce sera en quelque sorte un à-valoir sur la revalorisation de ces petites retraites. J'avais indiqué lors de la réforme des régimes spéciaux et dans le cadre du débat sur le financement des retraites que se posait un double problème en France : celui du relèvement des petites retraites et celui des pensions de réversion. C'est la première étape d'une réforme que j'ai toujours appelée de mes vœux. Voilà, mesdames et messieurs, à grands traits, ce que nous nous sommes dits. Je crois que c'était important pour les Français de savoir que dans un esprit constructif, les partenaires sociaux et le gouvernement réfléchissent et travaillent aux solutions concrètes à apporter aux grands défis auxquels se trouvent confrontés la société française pour assurer la pérennité définitive de notre système de protection sociale. [...]
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Discours de M. le Président de la République lors de l'inauguration de l'AGV d'Alstom à La Rochelle

Mardi 5 février 2008


Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Ministre,
Cher Patrick KRON,

J'ai une émotion très particulière à être ici aujourd'hui, le jour où Alstom inaugure l'Automotrice à Grande Vitesse, le train le plus moderne et le plus performant du monde et la nouvelle référence technologique de la grande vitesse ferroviaire.

L'inauguration de l'AGV aujourd'hui démontre qu'Alstom, même dans les pires moments, n'a jamais sacrifié la recherche-développement aux urgences de l'instant. Et qu'Alstom n'a jamais oublié que sa véritable force était dans sa technologie.

Ce lancement de l'AGV marque aussi à mon sens l'aboutissement du renouveau d'Alstom. Un renouveau qui survient après une crise terrible, en 2004, qui menaçait l'existence même de l'entreprise.

Ce renouveau est avant tout votre œuvre, l'œuvre des salariés d'Alstom et l'œuvre des sous-traitants d'Alstom qui ont fait confiance à leur nouvelle direction alors qu'ils avaient été si déçus – à juste titre – par la précédente. C'est l'œuvre de Patrick KRON. Moi je peux porter un témoignage. Le président d'Alstom, il se battait pour Alstom alors que plus personne n'y croyait. Et le Président d'Alstom a l'époque, il n'est pas venu voir le Ministre des finances que j'étais pour se recaser, mais pour demander au Ministre des finances de l'aider à sauver une entreprise dans laquelle il croyait. Et puis, je pense que l'on peut saluer particulièrement ce matin Patrick KRON pour le courage et l'intelligence dont il a su faire preuve.

Alstom, c'est aussi autre chose et je le dis à mes propres amis politiques élus qui ne m'ont pas toujours compris lorsqu'en 2004, j'ai renationalisé Alstom partiellement, en rachetant 22% du capital de l'entreprise. Ce n'est pas le rôle d'un Ministre des finances de rester assis, les bras croisés en regardant faire. Je crois au marché, je crois à la concurrence, je crois à la mondialisation, mais je crois aussi au volontarisme. Il faut qu'un grand pays développe une vraie politique industrielle. Alstom, c'était l'énergie et les transports et les bateaux – que je regrette encore une fois. [...]
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Allocution de M. le Président de la République devant la communauté française de Roumanie  

Bucarest – Lundi 4 février 2008


Mes Chers compatriotes,

Je suis particulièrement heureux de vous retrouver aujourd'hui si nombreux, en ce jour si important pour l'amitié franco-roumaine, même si je sais que cette amitié sera - très momentanément, heureusement ! – mise entre parenthèses à la fin de la semaine avec le premier tour de la Coupe Davis de tennis, Cher Ilie NASTASE, qui opposera la France à la Roumanie, ici en Roumanie. Je tiens d'ailleurs à saluer Ilie NASTASE, ancien vainqueur des Internationaux de France, et le remercier d'être présent parmi nous ce soir.

Mesdames et messieurs,

J'ai voulu donner une nouvelle impulsion au partenariat entre la Roumanie et la France en signant un accord de partenariat stratégique avec la Roumanie, en m'entretenant avec le Président de la République roumain et avec le Premier ministre. La Roumanie et la France ont des relations historiques anciennes. Le Général de GAULLE, comme d'habitude, avait compris ici, il y a 40 ans, les enjeux. Je constate que cette amitié existe mais qu'il faut lui donner du concret.

La Roumanie est le septième pays d'Europe par l'importance de sa population. La France en est le troisième partenaire commercial. Mais nous pouvons faire bien davantage. Bien davantage en matière d'énergie, je pense à Gaz de France [...]
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Discours de M. le Président de la République devant le Parlement de Roumanie

Bucarest – Lundi 4 février 2008


Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de la Chambre des Députés,
Monsieur le Premier ministre et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Et, si vous me le permettez, mes Chers amis,
   
C'est avec une grande  émotion que je prends la parole ici, dans ce lieu chargé d'une histoire qui a été douloureuse, mais qui témoigne aujourd'hui de la renaissance de la Roumanie, une Roumanie démocratique, une Roumanie européenne.

L'histoire de la Roumanie illustre de façon exemplaire tous les tourments de l'Europe centrale. Vous avez vécu, au cours du siècle passé, tous les drames qui ont ravagé notre continent : vous avez connu les guerres, vous avez connu les dictatures, vous avez connu l'invasion étrangère, vous avez connu la shoah et, malgré tout, la Roumanie a résisté, la Roumanie est aujourd'hui libre, démocratique et européenne, c'est dire si la France a confiance dans la vigueur de la Roumanie d'aujourd'hui.

Et, à travers toutes ces épreuves, le peuple roumain est resté fidèle à son identité, à ses racines, à ses idéaux. Jamais le peuple roumain n'a renoncé et, finalement, le peuple roumain a triomphé, en se libérant lui-même, par ses propres forces, de l'oppression. Cela n'a pas été simple, cela n'a pas été facile ; il y a eu de l'enthousiasme, il y a eu des désillusions.

Mais que de chemin parcouru ! Aujourd'hui, la Roumanie est membre, à part entière, de l'Union européenne et membre, à part entière, de l'Alliance Atlantique et membre, à part entière de la Francophonie, dont elle a accueilli le sommet [...]   
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Allocution de M. le Président de la République devant les salariés de l'Usine Sidérurgique ArcelorMittal

Gandrange - Lundi 4 Février 2008

Mesdames et Messieurs,

D'abord, je voudrais dire que si je suis là, c'est parce que vos représentants syndicaux sont venus me voir pour m'alerter sur la situation dans laquelle vous vous trouvez. Qu'est ce que l'on essaye de faire concrètement ? La première chose : j'ai vu le propriétaire de l'entreprise, Monsieur MITTAL. Moi je ne suis pas venu pour aller dire du mal de quelqu'un qui investit dans l'acier. Je préfère qu'ils investissent dans l'acier, dans l'entreprise, dans l'usine, plutôt qu'ils n'investissent dans des fonds dont on ne sait même pas ce qu'ils font de leur argent. Donc je ne suis pas venu pour faire siffler Monsieur MITTAL, dont par ailleurs on peut avoir besoin.

Monsieur MITTAL est le bienvenu en France. Je lui ai demandé quoi ? Vos représentants syndicaux peuvent en porter témoignage, je lui ai demandé de ne rien faire en matière de fermeture et de procédure sociale, tant que l'expert que vous avez mandaté pour trouver une solution pour laisser l'usine ouverte n'aura pas déposé son projet. Et Monsieur MITTAL a accepté cela. Donc, jusqu'à fin avril- début mai, on est tranquille pour travailler avec l'expert que les syndicats eux-mêmes ont missionné. Déjà c'est un premier point, parce que naturellement, la crainte des salariés, ici, et des représentants syndicaux, c'était qu'avant même [...]
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Discours de M. le Président de la République Plan Alzheimer et maladies apparentées

Sophia Antipolis – Vendredi 1er février 2008


Mesdames les Ministres,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs,

L'honneur se mêle au plaisir d'être parmi vous aujourd'hui pour lancer le Plan Alzheimer. C'est un moment attendu par tous, je le sais. De l'impatience s'est exprimée ici et là. Je la comprends. Comment d'ailleurs pourrait-il en être autrement ? Quand la souffrance d'un être cher retentit sur toute une famille, je sais bien qu'on ne peut plus attendre et que chaque jour compte. Aujourd'hui, il y aura donc un Plan Alzheimer, pour cinq ans. C'est un engagement durable de l'Etat dans une lutte implacable que nous allons mener contre cette maladie. C'est un engagement personnel auquel je veillerai.

Je suis particulièrement heureux d'être à Sophia-Antipolis, haut lieu de l'excellence de l'enseignement et de la recherche de notre pays, dans un département, cher Christian ESTROSI, qui n'a pas attendu le Plan Alzheimer pour être à la pointe du combat contre la maladie. Face à la souffrance, à une certaine forme de fatalité, il y a des actions exceptionnelles sur le terrain, il y a des trésors d'humanité, il y a d'innombrables dévouements pour nos aînés les plus fragiles. Mais ce n'est pas suffisant. Le Plan Alzheimer rend hommage à l'action de tous, mais doit démultiplier les efforts de la France contre cette maladie.

En septembre dernier, j'ai installé la Commission présidée par le Professeur Joël MENARD, dont je salue le travail et la présence. Les membres de la Commission et les groupes techniques ont travaillé à marche forcée pendant deux mois et le 8 novembre, le Professeur MENARD m'a remis son rapport, travail remarquable, Roselyne BACHELOT ne me démentira pas. Le rapport de la Commission est exceptionnellement riche et précis. Il a parfaitement saisi la nécessité d'une prise en charge globale de la personne et des aidants. Il a très bien montré que le système de prise en charge doit s'organiser autour du malade et de sa famille. Hélas, c'est bien souvent [...]

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Discours lors de la Cérémonie des Meilleurs Ouvriers de France et des Lauréats des Olympiades des Métiers

Palais de l'Élysée - Jeudi 31 janvier 2008

Messieurs les Ministres,
Cher Xavier, Cher Hervé,
Monsieur le Président,
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d'accueillir ce matin dans la salle des fêtes de l'Elysée les meilleurs ouvriers de France et les jeunes médaillés des Olympiades des métiers. Si je comprends bien, il y a au moins une catégorie qui me serait interdite, il faut moins de 23 ans, à quelques semaines près, je suis désolé de ne pas pouvoir concourir…

J'en suis heureux parce que ce matin, c'est au fond le meilleur de notre artisanat qui est rassemblé ici, au cœur de la République, et parce que notre artisanat, c'est l'un des moteurs les plus puissants de l'excellence française. Comme il est bon d'entendre quelqu'un qui parle d'excellence. L'excellence n'est pas un gros mot. Aller vers l'excellence, c'est bien, c'est nécessaire. Parce que si l'on ne va pas vers l'excellence, notre économie ne sera pas compétitive, notre croissance ne sera pas assez forte et il y aura du chômage. 

A travers vous, les Meilleurs Ouvriers de France, à travers vous, les champions des Olympiades des métiers, ce sont tous les métiers que la République française fête aujourd'hui, en présence de vos familles, en présence de toutes les institutions, publiques et privées qui ont rendu possible l'aventure qui vous amène ici, en présence de tous les bénévoles – et je vois qu'ils sont nombreux ! – qui se sont dévoués pour accompagner jusqu'ici vos efforts, et dans le fond c'est bien le moins de distinguer les bénévoles qui passent leur temps à aider les autres. Ce qui montre un changement de valeurs dans une société où l'on a passé tant de [...]

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Conférence conjointe sur la situation économique internationale, la régulation du système financier et le rôle des institutions financières internationales, suite à la réunion à Londres entre M. Gordon BROWN, Mme Angela MERKEL, M. Romano PRODI, M. Jose Manuel BARROSO et M. Nicolas SARKOZY

Londres – Mardi 29 janvier 2008


M. GORDON BROWN – Je voudrais vous remercier de nous avoir rejoints ce soir. Nous nous sommes entretenus, les chefs d'Etat, des plus grands pays de l'Union Européenne à un moment de turbulences financières exacerbées pour l'économie mondiale, déclenchées par la crise des subprimes aux Etats-Unis. Cette longue période de turbulences s'est propagée à d'autres marchés financiers, l'Europe incluse. Face à cette période d'incertitudes et de risques, nous avons besoin de montrer notre attachement aux fondements de l'économie de l'Union Européenne.

Nous avons décidé de coopérer ensemble et un accord ambitieux et équilibré sur le cycle de Doha dans lequel nous nous sommes engagés est essentiel à cela, afin de promouvoir la stabilité au niveau des marchés financiers et aussi de tenir compte d'un manque de transparence.
Nous sommes d'accord pour dire qu'il faudra être guidés par les principes suivants : premièrement, la responsabilité fondamentale pour la gestion des risques doit rester le ressort des institutions financières et des investisseurs ; deuxièmement ceci doit être soutenu par des structures nationales de contrôle et de surveillance renforcées ; troisièmement, les autorités de contrôle dans les différents pays doivent coopérer et échanger les informations de manière efficace afin de gérer les crises. Ainsi, il faut avoir des marchés qui sont mieux informés et au sein de cette transparence, nous voulons améliorer le contenu au niveau des agences de cotation afin [...]

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Allocution lors des obsèques du major Bertrand Boyer, du major Philippe Regnier, du gendarme Jérôme BienfaitTitre de paragraphe

– mardi 29 janvier 2008



Mesdames et Messieurs,

Dans la nuit de mercredi à jeudi derniers, trois militaires de la communauté de brigade de Neufchâteau tentaient d'éviter une collision entre un train de marchandises et un véhicule qu'ils pourchassaient. Malgré leurs avertissements, l'accident n'a pu être évité. Happés par le train, Philippe REGNIER et Bertrand BOYER, gendarmes à la brigade de Neufchâteau, décédaient sur le coup. Jérôme BIENFAIT, gendarme adjoint à la brigade de Coussey, succombait peu après à ses blessures.

Depuis le 1er janvier, quatre militaires de la gendarmerie, morts en service dans l'accomplissement de leur devoir, ont déjà payé de leur vie leur engagement au service de nos concitoyens. A vous tous, officiers et sous-officiers du groupement de gendarmerie des Vosges, et au-delà de vous, à tous les militaires de la Gendarmerie nationale, je veux exprimer, au nom du Gouvernement, et en mon nom personnel notre confiance. Je veux vous dire combien avec Michèle ALLIOT-MARIE et Hervé MORIN, nous partageons votre émotion.

Les gendarmes Philippe REGNIER et Bertrand BOYER, promus au grade de major à titre posthume, et le gendarme adjoint Jérôme BIENFAIT, promu au grade de gendarme à titre posthume, s'inscrivent dans la longue et triste lignée de ceux qui ont consacré et sacrifié leur vie au service des Français et qui sont aussi présents dans mes pensées. Je veux citer plus [...]
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Discours de M. le Président de la République sur la Recherche française

Cérémonie en l'honneur du Professeur Albert FERT

Université Paris-Sud 11 - Campus universitaire d'Orsay

Lundi 28 janvier 2008


Madame la Ministre,
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les professeurs et les chercheurs,


Cher Professeur Fert, l'année 2007 a été riche en événements pour la France… Il y a eu une coupe de monde de rugby, il y a un événement que l'histoire de la science et de la connaissance humaine retiendra, c'est le prix Nobel de physique qui vous a été décerné.

Ce prix Nobel, il fait du bien à la France, il fait du bien à l'université Paris XI, il fait du bien au CNRS, mais ce prix Nobel, c'est avant tout le vôtre, celui de votre équipe, le vôtre parce que c'est la récompense d'un scientifique hors normes, dont le génie scientifique a révolutionné la physique et l'électronique.

Je suis venu vous dire aujourd'hui la gratitude de la République, la gratitude de tous les Français, pour le renom que vous apportez à la science française. Puisse, d'ailleurs, ce prix Nobel attirer des jeunes vers la physique, l'un des problèmes de la recherche française, d'autant plus qu'il s'agit d'un secteur où les emplois sont multiples. Je suis venu vous remercier de montrer que la France ne fait pas que ressasser son passé mais est capable d'écrire l'avenir.

Vous avez fondé les bases de la révolution numérique des années 1990 et 2000. Vos découvertes ont ouvert la voie à la démultiplication fulgurante de la capacité des mémoires de masse. Finalement, l'I Pod, c'est un peu vous, enfin en résumé, non, il était écrit des choses plus savantes mais, honnêtement, je m'en tiens à l'I Pod !

En tout cas, vous incarnez la diversité de la recherche française, la compétence, je dis bien la compétence, de plusieurs de ses plus grandes institutions, puisque vous exercez dans une unité mixte de recherche : vous apportez donc visibilité et renommée à notre recherche universitaire comme au CNRS. J'ajouterai que Thales a rejoint votre unité mixte. Vous démontrez donc à tous qu'on peut faire de la recherche fondamentale au plus haut niveau, au sommet de la science mondiale, tout en travaillant avec l'entreprise à la concrétisation des débouchés de ses découvertes. C'est un exemple extraordinaire qui va donc à l'encontre de tous ceux qui [....]
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Allocution de M. le Président de la République devant la communauté française à New Delhi

New Delhi – samedi 26 janvier 2008


Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,

Je suis heureux de vous rencontrer ce soir, au terme d'une visite particulièrement dense et, je l'espère, fructueuse pour la France.

Vous venez des quatre coins de ce pays-continent où la France veut et doit se déployer. Vous êtes à Delhi, à Bangalore et à Bombay. Vous êtes fonctionnaires, hommes d'affaires, enseignants et chercheurs.

Vous êtes à Pondichéry, Tamouls dont les pères ont choisi la France au moment du transfert, vous êtes membres de l'Institut français ou de l'Ecole française d'Extrême Orient.

Vous êtes à Calcutta, parce que vous aimez l'Inde, parce que vous croyez à une solidarité active entre les peuples du monde, parce que la civilisation indienne vous apporte un regard sur le monde qui répond à vos questionnements. Vous avez vu comment je présente cela ! Vous pouvez tout mettre là-dedans !

Enfin, vous tous qui avez fait le choix de l'Inde, je vous comprends, je vous approuve et je vous en remercie.

L'Inde est une grande civilisation que les Européens ne finissent pas d'interroger depuis l'Antiquité. Du dialogue entre la raison et l'intuition, entre les religions du Livre et les religions des Dieux sont nées certaines des percées les plus remarquables de l'esprit humain. C'est pourquoi il est si capital que la France garde vivante sa tradition [...]
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Conférence de presse conjointe de M. le Président de la République et M. Manmohan SINGH, Premier Ministre de la République de l'Inde

New Delhi – vendredi 25 janvier 2008


Monsieur le Premier ministre,

Je veux dire d'abord que c'est un grand honneur pour la France que d'être l'invitée du Jour de la République en Inde.

Nous avons constaté avec le Premier ministre une très grande convergence de vue, sur l'ensemble des dossiers internationaux, entre l'Inde et la France. J'ai indiqué au Premier ministre indien combien je souhaitais la transformation du G8 en G13 avec une place pour l'Inde. On ne peut pas considérer que l'Inde, qui représente un milliard d'habitants, il soit normal qu'elle soit invitée pour le déjeuner du troisième jour d'un sommet sensé réunir les 8 grandes puissances du monde à l'exception de la Chine, du Brésil, du Mexique, de l'Afrique du Sud et de l'Inde, excusez du peu, cela doit faire deux milliards et demi d'habitants. La France milite donc fortement pour que l'Inde soit l'invitée du premier jour, de la première heure dans ces sommets.
La France porte également la demande que l'Inde soit membre permanent du Conseil de sécurité. Il s'agit de savoir si au 21ème siècle le monde doit se doter d'une organisation qui corresponde à notre siècle et abandonner celle qui correspond au siècle précédent.

Nous avons également décidé d'amplifier nos coopérations de défense et d'armement. Les armés indiennes connaissent et apprécient le matériel français. Nous avons donc décidé de faire plus en la matière. J'ai également indiqué, s'agissant du nucléaire civil, le souhait d'une coopération. Nous avons d'ailleurs paraphé des premiers accords avec l'Inde. Nous passerons à la [...]
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Discours de M. le Président de la République à l'issue de la conférence économique franco-indienne

New Delhi – vendredi 25 janvier 2008

Mesdames, Messieurs,

Compte tenu de la chaleur de l'accueil, de l'amitié dont nous font preuve nos amis indiens, de la liberté de ton du ministre et des Présidents, le moins que je puisse faire pour essayer d'être au niveau des intervenants indiens et de Laurence PARISOT, c'est de vous parler très librement, très franchement des raisons qui m'ont amené, à la tête d'une délégation très importante, à venir aujourd'hui en Inde.

D'abord, je veux que vous sachiez, en France nous admirons le modèle indien. Vous êtes l'un des pays les plus peuplés au monde et, vraisemblablement, dans deux ou trois décennies, vous serez le pays le plus peuplé au monde.

Beaucoup de régions du monde auraient fait du défi démographique une raison pour expliquer un échec. Vous en avez fait, du nombre de vos habitants et de la jeunesse de la population, un atout. C'est une réussite exceptionnelle qui se coupe avec un autre défi que vous avez relevé, qu'on ne soulève pas assez, qui est celui de la démocratie. Je suis ici dans la plus grande démocratie du monde. C'est extraordinaire, le pays le plus nombreux qui gère démocratiquement une population. D'autres contrées du monde, on nous aurait expliqué que compte tenu de l'importance de la population, la démocratie ce n'est pas pour ici.
Et non contents de vivre la démocratie, vous vivez la diversité, nonobstant les conditions de l'indépendance de 1947 et de l'instauration de la République en 1950. Vous êtes une société pluriethnique, multiconfessionnelle et vous surmontez ce défi de la coexistence pacifique à un moment où le monde hésite, hélas, dans un conflit de religion, dans un conflit de civilisation, dans un conflit géographique
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Discours de M. le Président de la République lors de la remise du rapport de la commission sur la libération de la croissance

Palais de l'Elysée – Mercredi 23 janvier 2008


Au fond, vous avez fait le plus difficile, réfléchir. Vous nous laissez le plus facile, agir. Dans le fond, dans le travail de la Commission, vous avez choisi le Président qu'il vous fallait. Je ne vois pas qui aurait pu commander un tel menu. Je vais vous dire très franchement ce que j'en pense.

D'abord je veux vous remercier, bien sûr, Jacques ATTALI et tous les membres de la Commission pour le travail remarquable que vous avez accompli. En général, quand on commence comme cela, ça commence mal, puisque la phrase suivante, on se distingue de ce qui a été proposé. Je veux dire que j'adhère à l'essentiel de [...]


 
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Discours de M. le Président de la République à l'Hôtel de Police de Bordeaux

Bordeaux - Mardi 22 janvier 2008

Mesdames et Messieurs,
Je voudrais remercier le maire de Bordeaux de bien vouloir nous accueillir, cher Alain,
Les parlementaires,
Les ministres,
Michèle ALLIOT-MARIE, qui est chez elle,
Rachida DATI,
Xavier BERTRAND,

Je suis venu d'abord pour vous féliciter pour l'excellence des résultats que vous avez obtenus. Cela n'a pas été facile, ni dans cette ville ni dans ce département. Il a fallu remettre en cause des habitudes. Il a fallu patienter, parce que le taux d'élucidation a commencé à monter avant que les chiffres ne commencent à baisser.

Je me souviens très bien d'être venu ici plusieurs fois, en 2003 et 2004, et cela ne bougeait pas, mais on voyait que cela progressait. Il y avait plus d'activités dans les services, il y avait plus d'élucidation, il y avait plus d'interpellations, mais on n'arrivait pas à faire baisser, à incliner la courbe. A partir de ce moment là, avec vos responsables, on s'est mis à travailler. Qu'est-ce qui n'allait pas ? Là, je voudrais vous remercier tous, parce que vous avez accepté de faire la chose la plus difficile qui est de remettre en cause ses habitudes. Je voudrais remercier tout particulièrement les élus, et tout spécialement le maire de Bordeaux, parce que c'était courageux d'accepter cette idée qu'il y avait trop d'implantations immobilières, d'abord à Bordeaux [...]
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Discours de M. le Président de la République devant le Groupement de gendarmerie départementale des Pyrénées-Atlantiques

Pau - Mardi 22 janvier 2008


Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous dire combien, Michèle ALLIOT-MARIE, votre ministre, Rachida DATI, le garde des Sceaux, et moi-même, sommes heureux d'être parmi vous aux côté de Guy PARAYRE, qui est le Directeur général de la gendarmerie et à qui je veux encore redire toute mon amitié.

Je voudrais saluer bien sûr les gendarmes, mais je voudrais surtout commencer par saluer leurs familles. Je sais, et Michèle comme moi, la part que prennent les familles dans la vie des gendarmes, qui est d'abord une vie en brigade ou en caserne. Je sais ce que cela demande d'abnégation pour les conjoints ou les conjointes, les enfants, cette vie dans une institution solidaire mais où chacun doit apprendre à faire des compromis.

Je veux dire aux familles qu'elles font partie de cette institution, que je comprends leurs inquiétudes, spécialement dans un département comme le vôtre avec des activités de lutte contre le terrorisme et je veux les remercier pour leur soutien et la part qu'elles prennent à l'exercice du métier de gendarme. Je veux également leur dire que tout ce que l'on peut faire pour améliorer la sécurité des gendarmes, avec Michèle ALLIOT MARIE, nous le ferons. J'ajoute que je resterai à l'écoute des femmes de gendarme qui ont souvent des choses à dire sur l'état de l'immeuble, de l'immobilier. Malheureusement, la durée des procédures fait que certaines casernes et certaines brigades ne présentent pas les conditions de confort qu'on est en droit d'attendre quand on participe à une institution comme celle de la gendarmerie. Je veux également leur dire que ce n'est pas parce qu'il y a un statut militaire, qui implique un certain nombre de choses en termes [...]
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Discours lors de la décoration d'Officier de la Légion d'honneur de Mme Mona CHASSERIO, fondatrice de l'Association « Cœur de Femmes »


Chère Mona,

Je suis très heureux de vous accueillir ici.

Cette cérémonie compte beaucoup à mes yeux, car elle distingue une femme pour qui j'ai beaucoup d'estime et depuis longtemps.

Vous figurez, chère Mona, parmi cette longue liste de femmes et d'hommes qui œuvrent pour faire de la France un pays de fraternité.

Votre ouverture aux autres, votre humanisme, s'illustrent dans un parcours étonnant.

Vous avez grandi dans une famille en compagnie de cinq sœurs. Vous vous êtes mariée, vous avez eu deux filles et vous avez mené une carrière dans l'industrie pharmaceutique.

A 43 ans, votre vie bascule.

Une révélation est le point de départ d'une quête inattendue sur le chemin de laquelle se trouve l'abbé Pierre, qui vous ouvre le regard sur les gens de la rue. Vous faites également la connaissance de mère Marie-Thérèse, fondatrice du Carmel de la paix à Mazille et puis du Cheik Bentounès. De ces rencontres, dont on peut dire qu'elles ont marqué votre vie, vous tirez la conviction [...]
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Voeux aux Corps Diplomatiques

Palais de l'Élysée - Vendredi 18 janvier 2008

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Je vous souhaite la très bienvenue. Je vous adresse mes vœux les plus sincères pour vous-même et pour tous les vôtres et je vous demande de transmettre à vos Chefs d'Etat les souhaits que je forme à leur intention et pour vos pays, que vous représentez si bien.

Monsieur le Nonce,

Je vous remercie de vos paroles et vous prie de transmettre à sa Sainteté le Pape Benoît XVI, que nous aurons l'honneur de recevoir en France cette année, l'expression de ma vive gratitude pour l'accueil si chaleureux qu'il m'a réservé il y a un mois au Vatican.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

En vous recevant cette après-midi, je ne souhaite pas revenir sur l'analyse détaillée de l'état du monde et la description du rôle de la France que j'avais présentées le 27 août aux Ambassadeurs français : vous en connaissez le texte ; il reste d'actualité. Je crois plus utile aujourd'hui de vous dire d'abord quelles sont les convictions et les réflexions qui sous-tendent mon action internationale, puis de vous présenter les priorités de cette action en 2008.

Une conviction a inspiré toute ma vie politique et m'anime depuis que les Français m'ont confié la première charge de l'Etat : je n'ai pas été élu pour m'incliner devant des fatalités. Du reste, je ne crois pas à la fatalité. J'ai été élu pour créer des opportunités, pour changer la France à travers un processus continu de réformes profondes. J'ai été élu avec la [......]

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Voeux aux Forces de la Nation

Palais de l'Elysée – Jeudi 17 janvier 2008


Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux d'accueillir, pour la première fois à l'Elysée, ceux qui font avancer notre pays, ceux qui font briller notre Nation, ceux qui font vivre la France et battre son cœur. Jusqu'à présent, ces vœux traditionnels ne s'adressaient qu'aux « forces vives de la Nation », -ce qui était aimable pour les autres- chefs d'entreprises, syndicalistes, artistes ou aux dirigeants de grandes associations nationales. Comme si donc il y avait dans notre pays, d'un côté, des forces vives, dynamiques, conquérantes et, d'un autre côté, les autres, sans doute, fonctionnaires, enseignants, militaires qui a contrario seraient eux, par conséquent, des forces mortes, en quelque sorte les poids morts de la Nation. Rien n'est plus étranger à ce que je crois profondément. J'ai voulu m'adresser aux forces de la Nation car le changement si nécessaire à notre pays, c'est vous tous, entrepreneurs, fonctionnaires, syndicalistes, enseignants, qui l'animerez. C'est nous tous qui le ferons, ou bien personne ne le fera.

J'ai voulu m'adresser à toutes les forces de la Nation parce que notre monde ne peut pas demeurer éternellement coupé en deux : d'un côté, on valoriserait l'initiative, la prise de risque et le travail ; de l'autre, la vérité serait hiérarchique, l'avancement [.....]

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Lettre à M. José Manuel BARROSO, Président de la Commission Européenne

Monsieur le Président,


Vous avez transmis à l'ensemble des Etats membres un document de travail précisant les principes encadrant le paquet « climat énergie » qui doit être présenté le 23 janvier prochain.

Ce projet explicite les modalités de partage des objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement des énergies renouvelables.

La France est particulièrement attachée à ce que les modalités de mise en œuvre soient prioritairement déterminées par l'ambition de relever le défi climatique. C'est pour cette raison que nous soutenons le principe d'une réglementation visant à encadrer les émissions de dioxyde de carbone des véhicules, tout en ayant de profondes objections sur  les modalités d'application actuellement retenues qui pénaliseraient les véhicules les plus légers et moins polluants.

S'agissant de l'objectif global de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la priorité de la France reste la promotion d'un bouquet énergétique peu carboné afin de relever le défi climatique sans pénaliser inutilement les perspectives de croissance. La France émet aujourd'hui par habitant 25 % de gaz à effet de serre de moins que la moyenne européenne.

Dans ce contexte, il me semble indispensable de se donner l'objectif d'une convergence progressive vers un même volume d‘émission de dioxyde de carbone par habitant dans tous les pays de l'Union. Afin de réaliser cette convergence, la France souhaite donc que l'effort global de réduction des émissions attendu de chaque Etat membre d'ici 2020 varie selon le niveau de départ de ses émissions par habitant, sans préjuger du sujet, distinct, des mécanismes de solidarité entre Etats. [...]
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Allocution du Président de la République à l'occasion de la rencontre économique franco-saoudienne

Riyad – lundi 14 janvier 2008


Monsieur le Président du Conseil des chambres saoudiennes de commerce et d'industrie,
Monsieur le Président de la chambre de Commerce et d'industrie de Riyad,
Monsieur le Président du Conseil d'affaires franco-saoudien,
Monsieur le Ministre d'Etat,
Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Présidents,
C'est un honneur pour moi de vous rencontrer aujourd'hui, vous, les représentants patronaux de la première puissance économique de la région. Il s'agit pour moi de la première visite en Arabie Saoudite, et je veux vous dire combien je suis impressionné du niveau de développement que je constate. Peu de pays dans le monde ont réussi un aussi rapide décollage économique et sont parvenus en si peu de temps à hisser leurs infrastructures, leur industrie, leur tissu urbain, à un tel niveau de qualité, voire de sophistication. Peu de pays dans le monde ont su créer un climat aussi favorable à l'éclosion d'une communauté d'affaires dense et performante, associant des entreprises de toute taille, d'où émergent de grands groupes privés d'envergure régionale et mondiale.
Le message que je veux vous adresser est clair : je souhaite que la France et l'Arabie s'engagent sur la voie d'un partenariat économique durable et renforcé.
Je voudrais vous dire, Messieurs les entrepreneurs et hommes d'affaires saoudiens, vous qui connaissez bien la France, qui aimez notre pays, qui y venez souvent, que vous êtes les bienvenus chez nous et que vous y avez toute votre place.
Je voudrais vous dire aussi que la France est en mouvement. Depuis mon élection en juin dernier, j'ai engagé un profond processus de réformes visant à dynamiser l'esprit d'entreprise, à alléger les charges, à simplifier les procédures.
Je ne prendrai qu'un seul exemple : les entreprises et les syndicats français sont sur le point de conclure aujourd'hui même un accord très important qui va considérablement simplifier le droit du travail de notre pays, qui va donner aux employeurs plus de souplesse et de flexibilité, tout en accordant davantage de sécurité pour les salariés. Nous allons créer la possibilité d'une séparation à l'amiable entre l'entreprise et un salarié. Ce qui eût été impossible il y a quelques mois est en train de se réaliser.
Je veux insister sur ce point parce que la France a trop souvent l'attention de la presse internationale, lorsqu'il y a des grèves ou des conflits sociaux. Je suis venu vous dire que cela change, que cela bouge, les syndicats et les employeurs en France apprennent à devenir des partenaires. La rigidité des relations sociales en France c'est l'image du passé : comme l'Arabie Saoudite, la France est en mouvement.
Si la France occupe le 3eme rang mondial pour l'accueil des investissements étrangers, il y a bien une raison. Si la bourse française est le marché financier européen le plus internationalisé avec près de 47 % du capital du CAC 40 détenus par des investisseurs étrangers, il y a bien une raison. Dans un pays hostile aux investissements étrangers, nous n'aurions pas un salarié sur sept employés par une société étrangère. Chers amis d'Arabie Saoudite, vous êtes les bienvenus.
Nous allons encore renforcer le dynamisme des grandes villes françaises pour en faire le moteur de la croissance de notre pays. Nous lançons aujourd'hui même une grande réforme de nos ports pour qu'ils retrouvent le même dynamisme que ceux du Golfe, d'Asie et de la mer du Nord. Je veux que la France redevienne la porte d'entrée et de sortie du commerce international et la puissance maritime qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Et le mouvement de réforme ne s'arrêtera pas dans mon pays.
Je veux aussi vous dire mon ambition que Paris soit, Madame la Ministre des Finances, une place financière de rang mondial. Je vous ai promis la vérité, eh bien je vous le dis, je refuse qu'on dise que les musées sont à Paris et la finance à Londres. A Paris, il y a les musées et il y a également la finance. Il y a également d'excellents musées à Londres, mais il y a surtout à Paris une place financière implantée dans la zone euro, avec les meilleurs spécialistes mondiaux de mathématique financière, une place alliée à la bourse de New York et qui a décidé récemment, je le souligne ici, de développer massivement les produits financiers dits islamiques.  Si vous ne le saviez pas, je vous le dis.
La hausse des cours du pétrole est une grande opportunité pour les pays, comme l'Arabie Saoudite et comme ses voisins du Golfe, qui ont la chance de posséder cette ressource. Mais nous savons tous que cette ressource n'est pas infinie. Avec sagesse, plusieurs pays de la région ont canalisé une partie de cette richesse aujourd'hui abondante dans des fonds souverains destinés à la faire fructifier pour les générations futures. L'Arabie Saoudite a été pionnière, une fois de plus, en la matière et s'apprête à engager une politique encore beaucoup plus ambitieuse. Je serais bien mal placé pour contester une telle décision, gage de prudence et de vision de long terme. [...]

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Allocution du Président de la République devant le Conseil Consultatif

Riyad – lundi 14 janvier 2008

Monsieur le Président du Conseil Consultatif,
Je vous remercie des mots chaleureux par lesquels vous m'avez accueilli.
Monsieur le Président,
Messieurs les Membres du Conseil,
A travers vous j'adresse à toute la nation saoudienne le salut fraternel de la France.
Ce salut, je veux l'adresser aussi à toute la nation arabe et à toute la communauté des croyants.
Je n'oublie pas que pour tous les musulmans l'Arabie Saoudite c'est une terre sacrée où le Prophète a recueilli la parole de Dieu pour l'enseigner aux hommes. Tous les musulmans à travers le monde pensent cela de l'Arabie Saoudite.
D'ici partit il y a 14 siècles le grand élan de piété, de ferveur, de foi qui allait tout emporter sur son passage, qui allait convertir tant de peuples et faire naître l'une des plus grandes, des plus belles civilisations que le monde ait connu.
Ici, en Arabie Saoudite, ce sont les lieux les plus saints de l'Islam, vers lesquels chaque Musulman dans le monde se tourne pour prier. 
Sans doute, Musulmans, Juifs et Chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Sans doute n'ont-ils pas la même manière de vénérer Dieu, de le prier, de le servir. Mais au fond, qui pourrait contester que c'est bien le même Dieu auquel s'adressent leurs prières ? Que c'est bien le même besoin de croire. Que c'est le même besoin d'espérer qui leur fait tourner leurs regards et leurs mains vers le Ciel pour implorer la miséricorde de Dieu, le Dieu de la Bible,  le Dieu des Evangiles et le Dieu du Coran ?
Finalement, le Dieu unique des religions du Livre.
Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme.
Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère.
Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes.
Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d'humilité et d'amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect.
Ce message, il a souvent été dénaturé. Ce message, il a souvent été détourné. Beaucoup de crimes dans l'Histoire ont été commis au nom de la religion, qui n'avaient en réalité rien à voir avec elle, qui étaient un reniement, qui étaient une trahison de la religion.
Les crimes qui ont été commis au nom de la religion n'étaient pas dictés par la piété, ces crimes n'étaient pas dictés par le sentiment religieux, ces crimes n'étaient pas dictés par la foi, ils étaient dictés par le sectarisme, par le fanatisme, par la volonté de puissance sans limite. Souvent le sentiment religieux a été instrumentalisé, souvent il a servi de prétexte pour atteindre d'autres objectifs et pour satisfaire d'autres intérêts. Et aujourd'hui, encore, je l'affirme devant vous, ce n'est pas le sentiment religieux qui est dangereux. C'est son utilisation à des fins politiques régressives au service d'une nouvelle barbarie.
Tous ces excès, toutes ces dérives doivent-ils nous amener à condamner la religion ? Je l'affirme, je réponds non, car le remède serait pire que le mal. Le sentiment religieux n'est pas plus condamnable à cause du fanatisme que le sentiment national ne l'est à cause du nationalisme.
En tant que chef d'un Etat qui repose sur le principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, je n'ai pas à exprimer ma préférence pour une croyance plutôt que pour une autre. Je dois les respecter toutes, je dois garantir que chacun puisse librement croire ou ne pas croire, que chacun puisse pratiquer son culte dans la dignité.
Je respecte ceux qui croient au Ciel autant que ceux qui n'y croient pas.
J'ai le devoir de faire en sorte que chacun, qu'il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France, se sente libre, se sente respecté dans ses convictions, dans ses valeurs, dans ses origines.
Mais j'ai le devoir aussi de préserver l'héritage d'une longue histoire, d'une culture, et, j'ose le mot, d'une civilisation. Et je ne connais pas de pays dont l'héritage, dont la culture, dont la civilisation n'aient pas de racines religieuses.
Je ne connais pas de culture, pas de civilisation où la morale, même si elle incorpore bien d'autres influences philosophiques, n'ait un tant soit peu une origine religieuse.
Dans le fond de chaque civilisation il y a quelque chose de religieux, quelque chose qui vient de la religion. Et dans chaque civilisation il y a aussi quelque chose d'universel, quelque chose qui la relie à toutes les autres civilisations. [...]

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Voeux aux corps constitués et aux agents de la Fonction Publiques

Lille – vendredi 11 janvier 2008


Madame le Maire,
Monsieur le Premier ministre,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Premier ministre, François FILLON
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames, Messieurs,


Nous fêterons cette année le cinquantième anniversaire de la Constitution de la cinquième République. Il n'est pas indifférent que nous nous retrouvions ici à Lille, dans cette ville qui a vu naître le Général de Gaulle. Peu d'hommes dans notre histoire ont autant incarné le sens de la France et le sens de l'Etat. Peu d'hommes se sont autant appuyés sur les serviteurs de l'Etat pour réformer la France. Peu d'hommes ont suscité autant d'enthousiasme. Peu d'hommes ont autant cru dans la nécessité absolue de réformer l'Etat pour réformer la France, je pense autant aux réformes de l'après-guerre qu'à celles des années qui ont immédiatement suivi 1958.

Avec la Constitution de la cinquième République, le Général de Gaulle nous a laissé un modèle d'organisation des pouvoirs publics qui respecte les libertés fondamentales des individus, qui assure l'expression de la démocratie et qui permet à la France d'être gouvernée efficacement, et ce n'est pas rien lorsqu'on regarde la situation d'un certain nombre de pays.. Cet équilibre subtil, le Général de Gaulle a su le trouver. Eh bien, il nous incombe aujourd'hui de le moderniser : c'est le sens du travail de réflexion que j'ai confié à Edouard Balladur, Commission que vice-présidait Jacques Lang, et dont le gouvernement prépare actuellement la mise en œuvre. Je vous garantis que cette réforme ne décevra pas par son ambition. Il nous incombe donc [.....]

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Voeux aux Armées et aux Anciens Combattants au Palais de l'Elysée

Palais de l'Elysée – Jeudi 10 janvier 2008


Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Défense,
Monsieur le Ministre,
Chère Simone Veil,
Mesdames et Messieurs,


J'ai souhaité vous réunir pour ces vœux, vous qui représentez les armées d'aujourd'hui et vous les combattants d'hier, parce qu'à travers les générations, c'est la permanence et la constance de l'esprit de défense français que vous incarnez.

Vous avez en commun d'avoir fait ce choix, un choix qui est parfois incompréhensible pour ceux que vous défendez, c'est le choix d'accepter, à l'avance, le sacrifice éventuel de votre propre vie, pour défendre votre patrie partout où sa survie, ses intérêts, ses idéaux, sont menacés. A travers les époques et les conflits, en temps de guerre comme en temps de paix, vous, les anciens combattants et résistants et vous, les militaires en activité, vous incarnez ainsi les valeurs d'engagement, d'honneur et de discipline. En tant que chef des armées, j'ai le devoir de vous rendre un hommage tout particulier, au nom de l'ensemble de nos compatriotes, qui savent que vous êtes en permanence prêts à donner votre vie pour eux.

Une armée, c'est un tout. C'est la cohérence d'un ensemble d'hommes et de femmes déterminés, d'un commandement efficace et loyal, d'une stratégie claire et si possible constante. J'ai voulu la présence en nombre parmi vous d'officiers, de sous-officiers et de militaires du rang. Votre engagement à tous est également exemplaire.

Cet engagement au sacrifice ultime, il est réel, il est concret. Ceux parmi vous qui ont vécu les grands conflits du XXème siècle le savent, ils ont vu tomber autour d'eux nombre de leurs camarades. Mais même quand les Français vivent dans un quotidien de paix, vous êtes confrontés à cette réalité : chaque année, des soldats français tombent au combat. Et je tiens à m'incliner avec respect devant le sacrifice de ceux qui ont donné leur vie, l'année dernière [.....]

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Conférence de presse conjointe avec M. José Luis Rodriguez Zapatero à l'issue du XXe Sommet Franco-Espagnol

Palais de l'Elysée – Jeudi 10 janvier 2008


LE PRESIDENT SARKOZY - Mesdames et Messieurs, Je voudrais d'abord dire à Jose Luis ZAPATERO, ainsi qu'aux ministres espagnols, combien nous sommes profondément heureux de les recevoir. L'amitié entre la France et l'Espagne est stratégique pour la France. La confiance entre les deux gouvernements est complète sur absolument tous les sujets. Ce sommet franco-espagnol a permis d'avancer sur des décisions qui attendaient depuis de trop nombreuses années.

D'abord, nous avons une vision commune de ce que doit être l'évolution de l'Europe. Nous avons proposé à l'Espagne de travailler main dans la main durant la Présidence française de l'Union Européenne. Nous avons une vision commune de ce que doit être l'organisation de l'Union pour la Méditerranée. Nous avons décidé de procéder à des déplacements communs en Méditerranée, au niveau des ministres des Affaires étrangères comme des Premiers ministres et chefs d'Etat, pour faire avancer le projet de l'Union pour la Méditerranée et préparer le sommet de Paris.

Nous avons des préoccupations communes sur la question de la croissance en Europe. Il y aura une initiative espagnole soutenue pour la France pour que nous puissions débattre des meilleurs moyens pour conforter la croissance européenne.

Sur les plans politiques les plus sensibles, nous avons décidé de renforcer encore notre collaboration dans la lutte contre le terrorisme. C'est le travail de Michèle ALLIOT-MARIE et de notre ami RUBALCABA. Je veux dire de la façon la plus solennelle, parlant au nom du gouvernement français et du Premier ministre, que la France sera toujours aux côtés de la démocratie espagnole face au cancer du terrorisme, qu'il s'agisse du terrorisme interne ou du terrorisme externe. S'agissant de la lutte contre le terrorisme, de l'ETA, la France a depuis bien longtemps choisi son camp. Son camp, c'est celui de l'Espagne démocratique. Chacun doit bien comprendre [.....]

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Voeux aux parlementaires et au Conseil de Paris

Intervention de M. le Président de la République
Palais de l'Elysée – Mercredi 9 janvier 2008


Messieurs les Présidents des Assemblées,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Maire de Paris,
Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,

Je suis heureux de pouvoir vous présenter mes vœux pour cette nouvelle année. Ce sont d'abord des vœux pour chacun d'entre vous, pour vos familles, pour vos proches. Ce sont aussi des vœux aux institutions que tous ensemble vous incarnez.

Je souhaite que cette année 2008 marque le début d'une ère de renouveau pour nos assemblées.

Je souhaite, qu'unissant nos efforts, nous fassions de notre démocratie une démocratie irréprochable.

Aux députés et aux sénateurs, je veux dire d'abord merci pour l'énorme tâche qu'ils ont accomplie depuis les élections législatives.

L'urgence des problèmes à résoudre et l'attente des Français qui s'est exprimée lors de l'élection présidentielle, ont imposé au gouvernement et au parlement un rythme de travail très exigeant. Ce rythme n'est hélas pas prêt de se ralentir en 2008.

Les Français m'ont élu et ils vous ont élus pour que les choses changent, pour qu'elles changent en profondeur et pour qu'elles changent vite. Alors si nous voulons les uns et les autres être fidèles à nos engagements, nous n'avons pas le choix, nous ne pouvons pas perdre de temps, nous sommes obligés d'aller vite, nous sommes obligés d'entreprendre beaucoup de réformes simultanément. Si nous ne le faisions pas, rien ne bougerait, car dans notre société tout se tient et l'on ne peut sortir du statu quo qu'en créant une dynamique nouvelle où tous les changements s'entraînent les uns les autres.

Il faut ouvrir le plus grand nombre de chantiers en même temps si l'on veut avoir une chance de réussir à remettre notre société en mouvement, à remettre partout dans la société de la vie, du dynamisme, de la créativité et si nous voulons changer notre modèle de développement en valorisant la qualité et plus seulement la quantité.

On me dit parfois d'attendre. Mais attendre quoi ? N'a-t-on pas assez attendu depuis si longtemps ? Ce n'est pas en prenant notre temps mais au contraire en agissant partout et tout de suite que nous créerons les conditions pour que s'accomplissent les révolutions culturelles, sociales, économiques, éducatives dont notre pays a besoin pour relever les défis de la modernité pour se projeter dans le XXIe siècle.
Alors oui, nous avons tous eu beaucoup de travail au cours des derniers mois et nous allons tous en avoir beaucoup dans les mois qui viennent. Mais si nous parvenons à accomplir ce que les Français attendent de nous, nous pourrons être fiers.

Et quand je dis « nous », je ne veux pas parler seulement de ceux qui partagent mes convictions depuis toujours, je ne parle pas seulement de la majorité qui a été élue pour mettre en œuvre le projet sur lequel je me suis engagé tout au long de la campagne et pour lequel les Français m'ont accordé leur confiance.

Quand je dis « nous », je veux dire toute la classe politique, y compris ceux parmi vous qui ont d'autres idées, ceux qui parmi vous se rangent dans l'opposition. Car le problème n'est pas que nous soyons tous d'accord, le problème n'est pas que nous n'ayons pas de débat, pas de confrontation, pas de polémique, le problème c'est que le débat soit digne, la confrontation utile, la polémique respectueuse de la vérité et des personnes.

Car pour moi, la politique dans la démocratie, ce n'est pas la guerre, ce n'est pas le sectarisme, ce n'est pas l'invective, ce n'est pas l'attaque personnelle, ce n'est pas la haine de celui qui n'est pas d'accord, c'est l'amour des gens et l'amour de son pays.[...]
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Conférence de presse au Palais de l'Elysée

Publié le 08-01-08 à 15:42 


Intervention de M. le Président de la République

Mesdames et Messieurs,

Le soir du 31 décembre en présentant mes vœux aux Français je leur ai dit mon intention de mettre en œuvre une politique de civilisation pour que la France soit l'âme de la nouvelle Renaissance dont le monde a besoin.
Je sais que cette politique de civilisation a suscité chez un grand nombre d'entre vous beaucoup d'interrogations.
Je suis heureux que cette rencontre me donne l'occasion d'y répondre, car il ne s'agit pas pour moi d'une formule de circonstances mais d'une conviction profonde et d'un engagement fort.
Cette conviction je l'ai exprimée durant toute la campagne présidentielle. Cet engagement je l'ai pris devant les Français.

J'ai été élu en promettant un changement en profondeur.
J'ai été élu en proposant une véritable rupture avec les habitudes de pensée, les comportements, les idées du passé qui ont conduit notre pays dans la situation où il se trouve.
J'ai été élu au terme d'une campagne dans laquelle les valeurs ont tenu une place centrale alors que depuis des décennies il n'était quasiment plus possible d'évoquer les valeurs dans le débat politique.

Dans cette campagne j'ai parlé de la vie, de la morale, de l'autorité, de l'identité, de la culture, de l'intégration, du civisme.
J'ai parlé de l'amour, de l'ouverture aux autres, de l'humanisme.
J'ai parlé du respect, du respect de soi et du respect des autres, du respect de la différence et de la diversité.
J'ai parlé de ce que nous voulons transmettre à nos enfants, de la nécessité de leur faire aimer ce qui est grand, ce qui est beau. J'ai voulu remettre l'Homme au cœur de la politique.

Si la politique n'exprime pas l'idée que nous nous faisons de l'Homme, de sa liberté, de sa responsabilité, de sa dignité, qu'exprime-t-elle donc ? Et comment peut-elle [.....]


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Intervention de M. le Président de la République devant les personnels mobilisés la nuit de la Saint-Sylvestre

Palais de l'Elysée

Mardi 1er Janvier 2008




Bonjour à tous,

Vous êtes les premières personnes que j'ai tenu à recevoir à l'Elysée en ce 1er janvier. En vous invitant ici, je veux vous dire mes remerciements et, naturellement, ceux du pays tout entier.

Tous ici, vous étiez mobilisés cette nuit, pendant que la plupart de nos concitoyens se retrouvaient en famille ou entre amis pour fêter la nouvelle année. Parce que vous étiez là, parce que vous avez veillé sur eux, vous leur avez permis de passer ces réjouissances en toute tranquillité.

Comme chaque jour et chaque nuit de l'année, vous avez, en ce Nouvel An, accompli votre mission au service des autres. C'est dans cet engagement, dans ce dévouement, que les valeurs du service public prennent tout leur sens, avec ses servitudes, son humilité mais aussi sa grandeur.

Vous êtes à chaque instant auprès de nos concitoyens dans leur vie quotidienne. Dans les moments heureux comme dans les moments difficiles.

Ceux que vous servez ne vous voient pas forcément mais ils savent que vous êtes à leurs côtés et qu'ils peuvent compter sur vous. C'est ce lien si particulier qui vous unit à la population. C'est ce qui force le respect et c'est ce qui vous vaut la considération d'un grand nombre de Français.

Vous les agents de la RATP et les cheminots, vous les avez accompagnés au cours de cette soirée. Vos trains, vos RER, vos métros, vos bus, vos tramways ont permis les retrouvailles et ont permis à chacun de rentrer dans son foyer.

Je suis venu vous voir cette année à la SNCF, sur le site du Landy. Cela faisait un quart de siècle qu'un Président de la République ne l'avait pas fait. C'était pour moi une manière de vous dire l'attachement que j'ai pour votre entreprise, qui occupe une place à part dans le cœur des Français car elle fait partie de notre patrimoine, de notre quotidien, de notre avenir. Et je suis fier qu'aujourd'hui, vos talents et vos compétences nous permettent de projeter le savoir-faire français partout dans le monde. [...]

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Voeux de M. le Président de la République aux Français pour l'année 2008

Présidence de la République

Lundi 31 décembre 2007



Françaises, Français, mes chers compatriotes,


En ce 31 décembre, au terme d'une année si pleine pour notre pays, c'est avec reconnaissance pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des devoirs qu'elle m'impose que je m'adresse à vous.

Ce soir, j'ai une pensée pour chacun d'entre vous.

Je pense à vous qui vous préparez à fêter la nouvelle année avec votre famille, avec vos amis, en oubliant les soucis de la vie quotidienne.

Je pense à vous qui êtes obligés de travailler cette nuit au service des autres et à vous, soldats français en opérations loin de vos foyers et qui risquez votre vie pour défendre nos valeurs.

Je pense aussi à vous qui êtes seuls et pour qui cette soirée sans personne à qui parler sera une soirée de solitude semblable à toutes les autres.

Je pense à vous, que la vie a éprouvés, et que la tristesse ou la douleur tiennent à l'écart de la fête.

A chacun de vous je veux adresser un message d'espérance, un message de foi dans la vie et dans l'avenir. Je voudrais convaincre même celui qui en doute qu'il n'y a pas de fatalité du malheur.

Au milieu des joies et des peines que l'existence réserve à chacun d'entre nous, nous pouvons, par l'effort de tous, bâtir une société où la vie sera plus facile, où l'avenir pourra être regardé avec davantage de confiance.

C'est la tâche que vous m'avez confiée en m'élisant Président de la République au mois de mai dernier. Tâche immense tant la France a pris de retard sur la marche du monde.

Je sais combien est grande votre attente d'un changement profond après des années d'efforts et de sacrifices que la plupart d'entre vous a le sentiment d'avoir consentis en vain.

Je sais les craintes que beaucoup d'entre vous éprouvent pour l'avenir de leurs enfants. Je sais l'angoisse qui vous étreint quand vous avez peur de perdre votre emploi ou quand vous craignez que l'augmentation du coût de la vie ne vous permette plus, même en travaillant dur, de faire vivre décemment votre famille.

Je sais votre exaspération quand vous voulez entreprendre ou quand vous voulez travailler davantage et que vous avez le sentiment que tout est fait pour vous en empêcher.

Alors, tout ne peut être résolu en un jour ! Mais, croyez-le bien, ma détermination est sans faille. Malgré les obstacles, malgré les difficultés, ce que j'ai dit, je le ferai. Je le ferai tout simplement parce que c'est l'intérêt de la France.

Depuis que vous m'avez choisi pour présider aux destinées de notre pays, j'ai voulu tout mettre en œuvre pour tenir la promesse que je vous avais faite de vous rendre la fierté d'être Français, de vous donner le sentiment que dans notre vieux pays tout pourrait devenir possible.

J'ai, avec François Fillon et tout le gouvernement, engagé depuis 8 mois beaucoup de changements profonds.

A ceux qui trouvent que cela n'est pas allé assez vite, je veux dire que j'ai fait tout ce que je pensais possible de faire en tenant compte de l'exigence du dialogue social et de la négociation. Je ne crois pas à la brutalité comme méthode de gouvernement. Je crois que mon rôle est de convaincre et de rassembler non de heurter et de diviser. C'est ce à quoi je me suis efforcé dans le respect de tous.

A ceux qui pensent que le changement a été trop rapide, je veux dire qu'il ne faut pas perdre de vue que notre pays a trop attendu et que le temps presse si nous voulons rester maîtres de notre destin.

J'ai voulu mettre chacun face à ses responsabilités. J'ai pris les miennes. J'ai pu commettre des erreurs. Mais depuis 8 mois, je n'ai agi qu'avec le souci de défendre les intérêts de la France et pas un jour ne s'est passé où je ne me sois répété l'engagement que j'ai pris envers chacun de vous : « Je ne vous tromperai pas, je ne vous trahirai pas ». Je vous dois la vérité. Je vous la dirai toujours. Je ne m'autoriserai aucune hypocrisie.

J'ai mis tout mon cœur, et toute mon énergie à être le Président de tous les français et pas seulement de ceux qui ont toujours partagé mes convictions. C'est pourquoi j'ai voulu l'ouverture, c'est pourquoi je l'ai faite avec des hommes et des femmes de valeur. Je ne leur ai pas demandé de se renier. Je leur ai simplement proposé de servir leur pays. Ils l'ont accepté. Je leur en suis reconnaissant.

C'est avec le même esprit d'ouverture, avec la même volonté de tenir mes engagements que j'aborde cette nouvelle année où, malgré une conjoncture internationale freinée par la crise financière, les premiers résultats de l'action entreprise devraient se faire sentir.

Beaucoup reste à faire, j'en suis bien conscient, pour que les mesures mises en œuvre se traduisent par des améliorations visibles dans votre vie quotidienne, pour répondre à toutes les attentes que vous avez exprimées ou pour que la France retrouve son rang et son rôle dans le monde.

En cette fin d'année 2007 une première étape s'achève sur la voie du changement. Ce fut celle de l'urgence : urgence à dépasser les vieux clivages partisans. Urgence du choc fiscal et social pour rétablir la confiance et soutenir l'activité et qui a permis à notre économie de mieux résister que d'autres au ralentissement de la conjoncture. Urgence du pouvoir d'achat. Urgence de l'autonomie des universités. Urgence de réformer les régimes spéciaux, de libérer et de réhabiliter le travail. Urgence du service minimum. Urgence de la modernisation de l'Etat qui commence enfin, urgence des réformes qui attendent depuis 20 ans ou 30 ans. Urgence que la France devienne exemplaire en matière d'environnement, de qualité de la vie, de développement durable. Urgence du traité simplifié pour débloquer l'Europe, l'Europe dont je n'ai jamais cessé de penser qu'elle était indispensable. Urgence que la France se remette à parler avec tout le monde pour qu'elle puisse jouer le rôle qui doit être le sien au service de la paix et de l'équilibre du monde, au service de ceux qui souffrent, des enfants et des femmes martyrisés, des persécutés, de ceux qui attendent au fond de leurs prisons que la France parle et agisse pour eux.

Avec 2008, une deuxième étape s'ouvre : celle d'une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde, à notre culture, à notre identité, à nos valeurs, à notre rapport aux autres, c'est-à-dire au fond à tout ce qui fait une civilisation. [...]
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Point de presse conjoint de M. le Président de la République et de M. Hosni MOUBARAK, Président de la République Arabe d'Egypte

LE CAIRE

Dimanche 30 décembre 2007

LE PRESIDENT SARKOZY – Je voudrais d'abord dire combien je suis heureux d'être en Egypte, à côté du Président MOUBARAK. C'est notre troisième rencontre, puisque je l'avais reçu à Paris au mois d'août, j'ai eu l'occasion d'avoir un long entretien avec lui à Charm el-Cheikh et un entretien aujourd'hui. Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères, s'est lui-même rendu à deux reprises déjà en Egypte. C'est dire combien la France considère le rôle de l'Egypte essentiel et le rôle du Président MOUBARAK capital, non seulement pour les dossiers de la région qu'il connaît parfaitement mais pour cette question essentielle pour l'avenir du monde d'un dialogue entre l'Orient et l'Occident qui est une question absolument fondamentale.


Et je voudrais dire au Président MOUBARAK combien j'apprécie son expérience, sa sagesse et la vision modérée qui est la sienne sur les grands dossiers où il privilégie le dialogue, le consensus, la rencontre dans une région qui a besoin de paix et qui n'a pas besoin de guerre. L'Egypte est, pour la France, un partenaire essentiel et le Président MOUBARAK est, pour nous, un ami.


Je voudrais également préciser, sur le plan bilatéral, nous avons évoqué deux questions. J'ai dit au Président MOUBARAK la disponibilité de la France pour coopérer sur les grandes ambitions en matière de nucléaire civil que nourrit l'Egypte. Nous avons évoqué ce dossier en détail. Il appartient aux Egyptiens de prendre, selon les processus qui sont les leurs, les décisions le moment venu, mais le Président MOUBARAK connaît très bien la qualité de la filière nucléaire civile française, son expertise, son expérience et la volonté que nous avons de fournir à l'Egypte l'énergie dont elle a besoin. Les journalistes le savent très bien ici, je suis persuadé que le nucléaire, c'est l'énergie du futur et qu'il est de la responsabilité de pays comme la France de  permettre aux pays arabes d'accéder à l'énergie du futur. Ceux qui ne comprennent pas cette orientation veulent en vérité condamner les pays arabes à ne pas ouvrir leurs économies au XXIème  siècle, et chacun sait que le terrorisme et la barbarie se nourrissent de la pauvreté et du sous-développement. C'est donc un axe majeur de la politique de la France. Et compte-tenu de l'effet d'entraînement que peut avoir l'Egypte sur l'ensemble des pays arabes, c'est un objectif pour nous essentiel, M. le Président, que de travailler avec vous et de former vos cadres.


Je voudrais dire également au Président MOUBARAK combien la France est heureuse de son soutien à l'initiative de l'Union pour la Méditerranée – initiative que nous avons prise avec nos amis italiens et avec nos amis espagnols – et combien la présence de l'Egypte et du Président lui-même dans ce processus est essentielle à sa réussite. Nous en avons parlé en détail et je crois pouvoir dire que nous partageons la même conviction que cette Union pour la Méditerranée va s'organiser autour de projets concrets et non pas de structures, dont le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y en a suffisamment. Nous avons parlé de ces projets concrets : la propreté de la Méditerranée, le développement du nucléaire civil autour de la Méditerranée, le projet d'avoir les étudiants de la Méditerranée qui pourraient circuler dans toutes les universités de la Méditerranée, le dialogue des cultures… Bref, je crois pouvoir dire que nous sommes sur la même longueur d'onde. [...]

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Point presse conjoint avec M.Romano PRODI, Président du Conseil des Ministres italien et M. Jose Luis ZAPATERO, Président du gouvernement espagnol au Temple d'Hadrien

ROME
Jeudi 20 décembre 2007


LE PRESIDENT PRODI – Bonsoir à tous. Je suis très heureux d'avoir accueilli à Rome Nicolas SARKOZY et M. ZAPATERO. Nous devions discuter ensemble depuis très longtemps, nous souhaitions nous rencontrer pour discuter du grand projet de la Méditerranée, c'est-à-dire de l'idée de construire l'Union pour la Méditerranée. Ce projet a été élaboré, esquissé à plusieurs reprises mais il n'a jamais été mis en œuvre car personne ne l'avait jamais poussé jusqu'au bout et j'espère que ce lieu magnifique dans lequel nous sommes réunis soit de bonne augure car l'Empereur Hadrien, auquel est consacré ce Temple a été un véritable homme de la Méditerranée. Il a passé plusieurs années de sa vie entre l'Espagne, l'Afrique du Nord, la Grèce, la Méditerranée orientale, bref c'était un [.....]

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Discours de M. le Président de la République aux soldats français à Kaboul

Camp de Warehouse
Samedi 22 décembre 2007



Mesdames et Messieurs,

Et si vous le permettez, Chers Amis,

En arrivant à Kaboul pour la première fois en tant que chef des armées, vous comprendrez que mes pensées vont d'abord aux 14 militaires français, vos camarades qui sont morts en Afghanistan depuis 2001. Ils sont victimes de leur devoir au service de la paix, dans la lutte contre le terrorisme et la barbarie. Leur sacrifice ne doit pas rester vain. Je m'y engage devant vous, j'ai voulu que mes premiers mots soient pour eux afin de montrer que nul ne les oubliera.

J'ai une pensée plus particulière pour les adjudants-chefs Pascal CORREIA et Laurent PICA qui sont morts en juillet et en septembre dernier, en Afghanistan. Je veux associer une nouvelle fois Christelle et Annabelle, leurs épouse et compagne et, Léna et Olivia, leurs enfants, à ces pensées. J'exprime à nouveau mes condoléances à leurs proches et à vous tous, leurs frères d'armes des armées françaises et je propose [.....]

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Allocution de M. le Président de la République dans la salle de la signature du Palais de Latran

ROME - JEUDI 20 DECEMBRE 2007


Messieurs les cardinaux,
Mesdames et Messieurs,
Et si vous le permettez, chers amis,

Permettez-moi d'adresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très chaleureusement de la cérémonie qu'il vient de présider. J'ai été sensible aux prières qu'il a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour l'accueil qu'il m'a réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre.

Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît XVI mes sincères remerciements pour l'ouverture de son palais pontifical qui nous permet de nous retrouver ce soir. L'audience que le Saint Père m'a accordée ce matin a été pour moi un moment d'émotion et de grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père l'attachement que je porte à son projet de déplacement en France au deuxi